Se faire un réseau en tant que modèle ou photographe.
Poster ne suffit pas. Attendre non plus. Voici ce qui marche vraiment.

La question qu’on m’a le plus posée en 14 éditions, c’est celle-là. « Comment tu as fait pour avoir un tel réseau ? » La réponse honnête : lentement, en étant présente, en donnant avant de demander. Il n’y a pas de raccourci, mais il y a des façons de faire beaucoup plus efficaces que d’autres.
Le mythe du « il faut juste poster et attendre »
Instagram t’a vendu l’idée qu’un feed propre et régulier suffit à faire venir les collaborations. C’est faux. Sur tous les artistes passés par Workshop by Johanne, aucun n’a construit son réseau uniquement en attendant que le monde vienne à lui. Toutes et tous sont sortis de leur zone, ont abordé, ont proposé, ont relancé.
Le feed compte, oui. C’est ta vitrine. Mais c’est un support, pas une stratégie. La stratégie, c’est ce que tu fais entre deux posts.
Ton feed te fait exister. Tes actions te font travailler.
Johanne Perrin
Où rencontrer vraiment des artistes qui matchent
1. Les workshops (évidemment)
Un workshop, c’est 30 à 40 artistes concentrés sur une journée, sélectionnés par un tiers, avec la même intention créative. Tu rencontres en 6 heures ce que tu mettrais 3 mois à croiser sur Instagram. C’est le raccourci le plus honnête.
2. Les expositions photo & les vernissages
Personne n’y va pour socialiser, tout le monde y va pour socialiser. Repère les galeries qui exposent des photographes de mode (à Lyon : la Galerie Le Bleu du Ciel, Regard Sud, les Ateliers ouverts). Un ou deux vernissages par mois, et tu commences à croiser les mêmes têtes.
3. Les cafés qui accueillent les créatifs
Ça semble bête, mais tous les milieux créatifs ont leurs QG. À Lyon, ce sont certains cafés du 3e ou de la Croix-Rousse. Va y bosser un mercredi après-midi, laisse traîner ton appareil ou une revue de mode. Trois fois sur cinq, quelqu’un t’aborde.
4. Instagram, mais bien
Instagram reste incontournable. Mais pas pour balancer 30 stories par semaine. Pour engager réellement avec le travail des autres : commentaires précis (pas des ❤️ vides), sauvegardes, partages en story avec crédit. Fais-toi remarquer par la qualité de ton engagement, pas la quantité.
Comment aborder un·e artiste sans être pénible
La DM Instagram est un art. Voici la différence entre celle qui marche et celle qui finit dans les demandes filtrées.
La DM qui ne marche pas
« Salut ! Superbe feed. On fait un shoot ? »
C’est vide. Ça ne montre rien de spécifique, ça met immédiatement la pression d’une réponse yes/no, ça peut venir de n’importe qui. Résultat : ignoré 9 fois sur 10.
La DM qui marche
« Hello, ta série « Été indien » m’a marqué·e, surtout le portrait n°3, la lumière est dingue. Je suis make-up artist, je travaille sur un projet autour du maquillage graphique et je pense qu’on aurait un truc à faire ensemble. Si tu es open, je peux t’envoyer un moodboard cette semaine. Sinon aucun souci, continue comme ça. »
Ce qui change : preuve que tu as regardé leur travail (série précise + détail), présentation concise, proposition concrète (moodboard), sortie honorable (« aucun souci »). Réponse : 4 fois sur 10 minimum.
Le follow-up qui transforme
90 % des mises en relation meurent parce que personne ne relance. Voici comment être dans les 10 % qui aboutissent.
J+2 après la rencontre
Un DM court : « Content·e de t’avoir croisé·e hier, je te partage la photo qu’on avait faite ensemble. À bientôt. » Pas de photo commune ? Partage le contact ou la référence dont vous aviez parlé.
J+30
Une relance concrète : « On avait parlé d’une série vintage en friperie. Toujours partant·e ? J’ai deux samedis libres en octobre, je te propose 2 idées de moodboard. »
J+90
Si rien n’a bougé, un dernier signal : « Je passe à Paris la semaine prochaine, si tu veux qu’on prenne un café pour caler quelque chose. »
Après ça, tu lâches. Pas de harcèlement. Le respect du non fait aussi partie de la réputation.
Un réseau, c'est 100 personnes que tu recroises intelligemment sur 24 mois.
Les erreurs qui te font passer pour un·e touriste
- Demander un shoot gratuit avant même de dire bonjour. Tu prends immédiatement le rôle du parasite.
- Copier la DM d’une autre personne mot pour mot. Le monde est petit, les gens comparent.
- Ne jamais tag qui a bossé sur tes photos. Impardonnable. Chaque crédit oublié, c’est une porte qui se ferme.
- Ghoster quelqu’un après un premier shoot. Une seule fois suffit pour ta réputation dans la ville.
- Parler mal d’un·e concurrent·e devant d’autres artistes. Instantanément noté comme toxique.
L’effet compound sur 12 mois
Si tu appliques ça régulièrement, voici à quoi ressemble ta progression :
- Mois 1-3 : tu candidates à 2-3 workshops, tu envoies 20 DM ciblées, tu vas à 4 vernissages. Résultat : 3-5 contacts sérieux.
- Mois 4-6 : tes premières collab issues de ces contacts. 2-3 shoots concrets. Tu commences à être identifié·e localement.
- Mois 7-12 : tes contacts te recommandent. Tu reçois tes premières demandes entrantes. Le réseau commence à travailler pour toi.
Un an. C’est le temps qu’il faut. Personne n’a de raccourci, moi non plus. Mais si tu tiens le rythme, le paysage change complètement.
Prêt·e pour ton premier workshop photo ?
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